L’érosion des droits des personnes LGBTI+ constitue un signal d’alarme clair d’un recul démocratique plus large
Le thème d’IDAHOBIT 2025 mettait en lumière la force des communautés. En 2026, le Comité LGBTI+ du Conseil des Global Unions (CGU) s’inscrit dans la continuité de ce message : des démocraties fortes et inclusives constituent le socle qui permet à nos sociétés de s’épanouir. La démocratie ne peut fonctionner sans la protection pleine et entière des droits humains universels pour toutes et tous, sans exception. Partout dans le monde, des forces d’extrême droite prennent pour cible de multiples communautés opprimées, en instrumentalisant la soi-disant « idéologie LGBTI+ » pour attiser la peur, détourner l’attention des injustices sociales et économiques et saper les institutions publiques garantissant l’inclusion. La rhétorique anti-LGBTI+ est au cœur de leur stratégie visant à transformer la peur et la stigmatisation en armes contre les minorités sexuelles et de genre, et à affaiblir les normes démocratiques. Ces attaques sont aussi une attaque contre la démocratie elle-même. Il n’est pas anodin que les agressions visant les personnes LGBTI+ se soient intensifiées à mesure que l’espace démocratique se rétrécissait.
Les syndicats jouent un rôle essentiel au cœur de la démocratie
Les syndicats, fondés sur la solidarité et la participation démocratique, jouent un rôle crucial pour protéger les droits des travailleuses et travailleurs confrontés à des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles. En promouvant l’inclusion, en s’organisant collectivement et en menant un travail de plaidoyer, les syndicats ne se contentent pas de protéger les travailleuses et travailleurs les plus exposés : ils renforcent aussi les valeurs démocratiques, résistent à l’autoritarisme et s’opposent aux tentatives des forces réactionnaires de marginaliser ou de faire des minorités des boucs émissaires.
Les droits des travailleuses et travailleurs LGBTI+, et, plus largement, la sécurité de nos communautés, dépendent d’institutions démocratiques qui garantissent l’égalité, protègent les libertés d’expression, d’association et de réunion, et assurent la participation à la vie publique.
Il est indispensable que les lieux de travail soient des environnements sûrs, exempts de toute forme de violence, de discrimination et de harcèlement. À cet égard, le mouvement syndical a la responsabilité, non seulement de faire progresser des politiques inclusives, mais aussi de dénoncer fermement et de manière constante les différentes formes d’oppression, de persécution et de criminalisation auxquelles font face les personnes LGBTI+. La défense inébranlable des droits humains doit être un pilier transversal de l’action syndicale, en faisant un usage stratégique de la négociation collective afin d’intégrer des clauses spécifiques garantissant des conditions de travail décentes, des environnements sûrs et la reconnaissance effective des droits, contribuant ainsi à consolider des lieux de travail réellement inclusifs, équitables et respectueux.
Une lutte collective pour la justice et l’égalité
Nos expériences de discriminations et d’oppressions multiples nous rappellent que la lutte pour les droits des personnes LGBTI+ est indissociable du combat plus large pour la démocratie, l’égalité et la justice pour toutes et tous.
En ce moment critique, nous devons continuer à faire entendre nos voix, à faire preuve de solidarité et à résister aux gouvernements réactionnaires qui cherchent à nous diviser. Agir collectivement pour le bien commun, tout en célébrant la diversité qui nous renforce, demeure essentiel.
Nous devons agir dès maintenant pour assurer des bases solides à un avenir plus démocratique et meilleur pour tout le monde.
Le Comité LGBTI+ du CGU reste déterminé à construire des lieux de travail plus inclusifs dans le monde entier et engagé dans la lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs LGBTI+ partout. Pour l’IDAHOBIT 2026, nous saluons les efforts continus des syndicats mondiaux pour exprimer leur solidarité avec les travailleuses et travailleurs LGBTI+ et protéger la démocratie pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs.
— Darienne Flemington et Jeffrey Boyd, co-président·e·s du Comité LGBTI+ du CGU.