Pride 2026 : « Dans le secteur des zones franches, les syndicats introduisent des clauses anti-discrimination pour protéger les travailleur·euse·s LGBTI+ », Eulogia Familia
Cet article fait partie d'une série commandée par le Comité LGBTI de la CGU à l'occasion de la Pride 2026, qui célèbre la diversité des travailleurs.euses LGBTI et aborde les questions d'inclusion, de représentation et d'égalité sur le lieu de travail et au sein des syndicats.
Je m'appelle Eulogia Familia (Gina) et je suis vice-présidente de l'Unité syndicale des femmes actives (UNISIMAS/CNUS/CSA) de la République dominicaine, une organisation affiliée à la Confédération syndicale internationale (CSI).
Tou·te·s les travailleur·euse·s participent ouvertement au syndicat en tant que membres jouissant de l’égalité de traitement et d’inclusion, sans avoir à exprimer d’autre identité que leur statut professionnel.
Les personnes LGBTI+ sont victimes de discrimination sur le lieu de travail, celles qui s’affichent publiquement ont rarement de nombreuses opportunités d’accéder à un emploi formel. La Constitution stipule qu’il ne doit y avoir aucune discrimination fondée, entre autres, sur le genre, le statut social ou la situation personnelle. Le Code du travail, actuellement en cours de réforme, a été introduit dans les négociations. Outre le rejet d’autres formes de discrimination sur le lieu de travail, il aborde la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Il en va autrement du Code pénal, car malgré nos efforts, il n’a pas été possible d’y inclure cette disposition.
Nous évoluons dans un environnement très conservateur, et ces deux réformes ont été mises en œuvre dans ce domaine, qui est soumis au contrôle du Congrès et de l'exécutif par une classe politique conservatrice, sous l'influence décisive de factions ultra conservatrices.
Nous avons réussi à inclure l’orientation sexuelle dans le Code du travail, car cela a été le résultat de négociations tripartites et concertées, ce qui signifie que le Congrès avait peu de marge de manœuvre pour susciter des débats externes avec les secteurs conservateurs de la société.
l’UNISIMAS/CNUS, qui est le département Genre de la Confédération, est chargé d’organiser, de conseiller, d’assister et de défendre les politiques d’inclusion pour les travailleur·euse·s vulnérables. Pour lutter contre la discrimination à l’égard des travailleur·euse·s LGBTI+, nous avons mis en place le Groupe de soutien aux travailleur·euse·s LGBTI+, composé de représentant·e·s des organisations les plus à même de traiter cette question au sein de la confédération, notamment celles des zones franches, du tourisme et de l’hôtellerie, de l’alimentation, des mines, des groupes de femmes, ainsi que de dirigeant·e·s ayant mené des actions de sensibilisation et de travailleur·euse·s s’identifiant comme LGBTI+, bien que dans une moindre mesure. Nous consultons des professionnel·le·s du secteur LGBTI+ au sein de la société civile.
A l’origine, le groupe de travail a été créé avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, de l’Internationale des services publics et de la CSA, mais ses activités ont été réduites en raison des moyens financiers limités dont disposent les syndicats pour poursuivre la formation, d’autant plus qu’il s’agit d’une question qui n’est pas encore pleinement prise en compte au sein de nos organisations et que nous devons nous appuyer sur des campagnes et des formations pour renforcer nos capacités dans ce domaine. Dans l’intervalle, cependant, l’UNISIMAS intègre les droits de ce groupe de travailleur·euse·s dans ses activités de formation. Nous avons distribué des tracts contre la discrimination lors de la Marche des fiertés, et à une occasion, le président de l’UNISIMAS a été l’un des parrains de cette marche. Nous fournissons des conseils aux syndicats engagés dans des négociations collectives afin de garantir qu’ils prennent en compte les droits de ces travailleur·euse·s, notamment en matière de violence et de harcèlement. Nous promouvons les conventions de l’OIT n° 190 contre la violence et le harcèlement, n° 100 et 111 contre les inégalités et la discrimination, n° 156 sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et n° 183 sur la maternité et la paternité.
Participation à toutes les activités syndicales, paiement des cotisations, participation aux réunions, participation aux manifestations, formation d’alliances pour les droits humains et le droit du travail, soutien à un changement politique progressiste, participation à des séminaires et ateliers, et démonstration de solidarité et de persévérance dans la lutte politique et syndicale.
Dans le secteur des zones franches, les syndicats introduisent des clauses anti-discrimination qui incluent les travailleur·euse·s LGBTI+.